Informations
Titre en français : L’Île engloutie
Année de composition : 1914
Instrumentation (fr) : orchestre
Instrumentation (en) : orchestra
Notice (fr) : Avant toute considération musicale, voici le texte littéraire qui a présidé à la conception de l’œuvre:

« Dans l’île minuscule qui sommeille, une douce brise balance les lianes en fleurs et fait frissonner musicalement les feuilles des grands arbres…

Tout à coup, un appel retentissant annonce l’heure des danses… et, dans un cérémonial fantaisiste et une ordonnance capricieuse, l’île entière se livre aux rites de la danse et de la volupté.

Soudain, la foudre éclate!… Le vent siffle, la mer furieuse hurle, monte à l’assaut des grèves et dans une vague monstrueuse engloutit l’île minuscule et voluptueuse. »

[Exemple 1]

Sur un fond bruissant de violons et d’altos divisés (en 10 parties), les hautbois, clarinettes et bassons tressent de légères guirlandes (1). Les violoncelles interviennent alors pour évoquer l’idée de la béatitude de l’Île. Cette idée sera développée dans toute la première partie du poème, en utilisant la broderie initiale (2). Celle-ci, renforcée par des élans de cors, s’amplifie, s’étire aux violons et l’idée principale apparaît pendant que le hautbois solo développe l’arabesque première. Puis progressivement tout s’apaise, tout somnole.

C’est maintenant l’appel aux danses: 3 trompettes, 2 cors et timbale exposent, en schéma (2 bis), l’idée qui servira au développement de celles-là. Une rumeur rythmique monte et l’idée de volupté éclate à tout l’orchestre (3) qui, après cette poussée sonore, s’arrête brusquement. Le cor anglais se détachant alors, reprend l’idée de volupté, évoquant une danse, enlacé par un fragment persistant aux altos, de l’idée exposée plus haut par les trompettes.

Les danses se succèdent: ici, c’est la flûte solo qu’accompagnent des violons frappant du dos de l’archet, et d’autres violons soli jouant en sons harmoniques; là, les violoncelles chantent pendant que l’idée principale se balance aux bois et violons divisés. Plus loin, pendant la danse, des sons comme des parfums, engourdissent et bercent (4), tandis que se répondent la flûte, la clarinette et deux cors. Un développement vif apparaît sur des pizzicati de contrebasses, il s’enfle, devient tumultueux; un « canon » s’établit entre les basses et les dessus; sur ce « canon » vient se poser l’idée initiale. La danse s’échevelle dans un tournoiement sonore et c’est l’arrêt brusque occasionné par le cataclysme. La tempête n’est d’ailleurs, que le prétexte à un développement symphonique d’une extrême violence, où les cuivres représentent les voix angoissées. En conclusion, tout l’orchestre clame l’idée de volupté qui donne la mort…

[GC5-392]

Artiste impliqué
Nom Part Fonction Id éditeur Genre
Henri Lutz Compositeur M