Informations
Titre en français : Cachaprès
Instrumentation (fr) : voix, orchestre
Instrumentation (en) : voice, orchestra
Notice (fr) : Ce drame lyrique en trois actes et cinq tableaux, a été extrait du roman « Un Mâle », de Camille Lemonnier, par le grand écrivain, et M. Henri Cain. Représenté le 2 février 1914, au théâtre de la Monnaie, il va voir le feu de la rampe à Lille, pour l’inauguration du Grand-Théâtre, et à l’Opéra de Moscou, pendant la saison prochaine. Les préludes et interludes en ont été joués l’hiver dernier aux Concerts Lamoureux (3 février 1913).

[Exemple 1]

Le duo qui termine le second acte a, comme cadre, la forêt, dans le pays wallon. Germaine, fille d’un riche fermier, est venue rejoindre, sous prétexte de porter dans sa cabane quelques douceurs à la vieille Cougnole, le braconnier Cachaprès, qu’elle avait déjà rencontré à la ducasse (fête villageoise). Car depuis que dans son verger il lui est apparu (1er tableau), la jeune fille est dominée par l’énergique et ardent Cachaprès. Celui-ci est un rustre naïf, vrai fils de la terre, qui a poussé à la vie comme un jeune fauve. Mais, dans son aventure de don Juan campagnard, un sentiment tout neuf chez lui s’est éveillé. Et, dans les lacets qu’il a tendus, lui-même s’est pris.

La phrase qui s’élève de l’alto solo est celle qui a souligné l’entrée de Germaine à l’acte précédent, quand, à l’écart de la fête, elle est venue, sous une tonnelle, écouter les déclarations de Cachaprès (thème 1). Le quatuor sourdine seul accompagne les premières paroles du tendre braconnier: « Tu reluis comme la forêt anouillée de rosée… Tu sens bon le matin et la vie! » Sourdement, les basses, tandis que le dialogue se poursuit, font entendre le motif symbolisant le côté brutal de l’amour du mâle (ex. 2). Les souvenirs de leurs précédentes rencontres vont naturellement se présenter musicalement. Songeant au verger fleuri où elle aperçut Cachaprès pour la première fois, Germaine rêve: « Un jour, les pommiers cesseront de fleurir! » Le thème du verger susurre, puis s’étale en force celui de l’éveil de l’amour (ex. 3), auquel succède, par les cuivres chanté, celui de la forêt (ex. 4). Alors, Cachaprès dit le charme de la sauvagerie de la terre, qu’il demande à Germaine de venir goûter. Il évoque les oiseaux, que le violon solo et la petite flûte font parler, aidés par une petite clarinette. Une harpe (essentiellement chromatique) se joue entre les diverses répliques babillardes. Germaine reprend la chanson du premier tableau: « Dans le vent et le soleil, là-haut, rit l’oiseau comme un flûtian, là-haut! » Cachaprès lui demande de la continuer. Car la chanson disait: « Mon cœur est un oiseau qui n’est pas fait pour la cage. » Mais la jeune amoureuse a oublié cette strophe. Un nouvel élan de Cachaprès (3/4 en si majeur), repose sur un thème d’enthousiasme, paru dans la première scène (ex. 5). Il exalte encore la Forêt enivrante, où danse « la bête toute en soie et en argent, avec ses yeux de femme ». Le tableau se complète par la vision de l’ombre sous les grands arbres, de Notre-Dame des Bois, avec son troupeau. Germaine interroge: Et les gardes, tu ne les crains donc pas? — Je n’ai peur de personne… je me battrai contre un village entier. — Tu es un homme. Et c’est le serment: à la vie, à la mort, soulignés par des rythmes brutaux, analogues au thème (2). Alors chantent, en tutti glorieux, les voix de la nature chaudes et extatiques. Deux phrases simultanées (l’une est le motif des oiseaux) amènent vite le calme final. Germaine, conquise, se fait bercer dans les bras de Cachaprès. Ce sont les trombones, qui, au milieu du quatuor, disent très doucement l’épithalame infiniment caressant.

[GC5-340]

Artiste impliqué
Nom Part Fonction Id éditeur Genre
Francis Casadesus Compositeur M